ADN

Association pour la Démocratie à Nice et dans les Alpes Maritimes

03 novembre 2007

Mobilisation pour l'hébergement d'urgence des sans papiers à Nice

 

DES PAPIERS POUR DEUX FAMILLES ET UN TOIT POUR LES AUTRES

photo_maisonLa maison blanche

n’aura pas été ouverte en vain

Indépendamment du courant de sympathie qu’a rencontré l’occupation de la Maison Blanche à Nice au début du mois d’octobre, il convient de noter que les pressions exercées par le Réseau Education Sans Frontières et le Rêve de Don Quichotte ont porté leurs fruits.

Rappelons que le Préfet des Alpes-Maritimes avait confié au sous-préfet chargé des affaires sociales le soin de coordonner les réponses aux questions posées par les organisations de défense des sans-papiers et des sans-abri. Les services de l’Etat, du CCAS et des institutions ACTES et ALC ont apporté, dans l’urgence de l’évacuation de la Maison Blanche, des solutions de relogement temporaires à l’ensemble des occupants. Les huit demandes de séjour concernant des familles et des célibataires (23 personnes au total dont 13  enfants ont été réexaminées). Il s’agissait là de la première phase qui devait se terminer le 31 octobre 2007. Nous prenons acte que les engagements ont été tenus.

Alors que s’ouvre la deuxième phase de ce plan d’urgence, nous demeurons vigilants au sort réservé à ces personnes auprès de qui nous sommes engagés.

S’agissant du droit au séjour, deux familles seulement ont été régularisées (9 personnes dont six enfants) et nous sommes très heureux pour elles qu’elles puissent enfin accéder, dans la sécurité, au travail immédiat, à la scolarité durable des enfants, à un logement et à des projets. Pour les autres commencent une nouvelle période difficile. Un monsieur célibataire, originaire de Tchétchénie, dont les parents ont été assassinés, a été débouté du droit d’asile l’an dernier. Il a, depuis, contracté une maladie grave. Sa régularisation est conditionnée à une visite médicale qui aura lieu début novembre. Pour les autres commencent une nouvelle période difficile. Nous pensons bien sûr aux 7 enfants des trois familles non régularisées, des enfants particulièrement bien intégrés et soutenus dans leur milieu scolaire et nous formons le vœu que les procédures en cours devant les juridictions pour enfin donner droit à leur demande, aboutiront. Deux hommes célibataires (tchétchène et macédonien) se sont vus, eux-aussi, confirmer un refus de séjour alors que leur histoire personnelle appelle un traitement humanitaire. Tous sont à la rue le 31 octobre à midi. Les militants vont une fois de plus se mobiliser pour les abriter. Nous en attendons autant du 115 qui, sollicité à plusieurs reprises, a refusé de prendre en charge des personnes en situation irrégulière, en contravention totale avec les prescriptions du président de la République et de son haut-commissaire, Martin HIRSCH, en matière d’hébergement d’urgence des sans-papiers. Nous avons interpellé ce dernier sur cette entorse locale au droit républicain et nous n’excluons pas de saisir la Justice.
Et N.Sarkozy a déclaré le 15 octobre aux associations qui luttent contre l'exclusion : " je soutiens l'accueil inconditionnel dans les centres d'urgence, vous n'êtes pas les substituts de la police ni de la justice.  Vous n'êtes pas obligés de demander leurs papiers aux gens que vous accueillez.
C'est votre boulot d'associations, si vous ne le faites pas, qui le fera ! ?
.

Les personnes en situation régulière ont vocation, selon l’accord convenu avec le sous-préfet, à retrouver un toit. Nous comprenons bien qu’il y faille du temps au delà du 31 octobre et nous demandons qu’elles demeurent hébergées jusqu’à une solution définitive. Cela concerne une dizaine de situations, soit 27 personnes. Et nous réclamons la mise en place d’une offre de logement pour deux personnes non encore prises en charge et pourtant présentes dans le livre blanc rédigé à la Maison Blanche

Enfin, ces situations révèlent des drames humains que nous accompagnons avec nos pauvres moyens. Ils sont la partie émergée de l’iceberg que représente le sort fait aux sans-papiers et aux sans-abri. Des dizaines de personnes sont encore sans papiers du fait d'avoir été déboutées du droit d'asile, d'autres n'ont pas été régularisées lors de la circulaire Sarkozy relative aux parents d'enfants scolarisés et sont toujours sans réponse à leur demande. Et puis, il y a tous ceux et toutes celles, en France de longue date, capables d'y vivre de leur travail, de s'y intégrer, de respecter les lois de la République et à qui on refuse le séjour et/ou le logement. Elles savent pouvoir compter sur notre soutien et notre capacité d'action...
Une page est tournée mais le livre reste ouvert.

Vous avez écrit, téléphoné, faxer au prefet, à Martin Hirsch, à N Sarkozy et vendredi 2/11, à 16 h la DDASS nous informait que la  Préfecture des Alpes-Maritimes avait donné son accord pour maintenir dans des logements d'urgence les deux familles non régularisées et en attente de recours.

Merci à tous ceux et celles qui ont exprimé leur solidarité envers  les familles auprès des administrations concernées.

Maison Blanche Solidarité

Posté par ademonice à 00:51 - Actualité - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
« Accueil  1