ADN

Association pour la Démocratie à Nice et dans les Alpes Maritimes

20 avril 2008

La galère des sans-papiers à Nice

photosimmigresDepuis le 15 avril, plus de trois cents travailleurs sans papiers sont en grève en Ile-de-France. Leur seule et unique revendication : la régularisation. Ils travaillent dans la restauration, l’hôtellerie, le BTP, la sécurité, le commerce ou le nettoyage.

L’AdN  apporte son soutien déterminé aux travailleurs en grève et, à travers cette lutte, à l’ensemble des étrangers que les pouvoirs publics s’ingénient, réforme après réforme, à laisser sans papiers contre leur gré.

L’AdN apporte également son soutien aux travailleuses sans papiers, très nombreuses principalement dans un autre secteur « sous tension » : les services à la personne. Elles gardent les enfants, elles assistent les personnes âgées, elles sont au service aussi de riches résidents et notables dont certains étrangers qui vivent dans notre région.

Dans les Alpes-Maritimes, la liste des emplois donnant droit à la carte de séjour est complètement farfelue. Vingt-quatre métiers, comme « cadre de l’audit et du contrôle comptable et financier ou dessinateur du BTP », ne correspondent pas au besoin de main d’œuvre ni à la qualification des salariés étrangers qui travaillent dans notre région depuis des années clandestinement, avec souvent fiches de paie et déclaration d’impôt.

Comble du paradoxe dans les demandes de régularisation, les services de la préfecture réclament aux sans papiers des fiches de salaire comme preuve de présence en France.

La situation dans notre département est dramatique car des personnes se sont maintenues sur le territoire dans l’attente de la régularisation accessible selon la loi précédente au bout de 10 ans de présence, loi annulée par celle du 27 novembre 2007.

Ce qui signifie que des personnes ont travaillé et que, sans aucune aide sociale, les familles ont du supporter les charges de loyer lorsqu’elles y avaient accès, les dépenses du quotidien et les frais de scolarité pour des enfants dont le seul désir est  de rester dans le pays où ils sont nés – et qu’aujourd’hui on leur dit « partez » !

Pour la plupart, ces personnes se sont acquittées de leurs cotisations sociales qui serviront à payer nos retraites qui s’annoncent plutôt maigres et elles n’y auront pas droit.

les médias nationaux ayant annoncé que des régularisations par le travail étaient envisagées par le gouvernement, de nombreuses personnes se sont précipitées à la préfecture en vain au risque de se faire ficher ou arrêter.

De nombreux salariés étrangers retraités dans leur pays ou restés en France vivent misérablement car ce système dure depuis plusieurs générations. D’aucuns sont obligés de se maintenir en France pour avoir au moins accès aux soins.

La préfecture ne veut rien savoir, rendez-vous sera pris mais on tarde à répondre aux associations et aux employeurs qui souhaiteraient une régularisation.

Des employeurs, par contre, cessent d’employer lorsque la régularisation est là et vont chercher d’autres clandestins afin de ne jamais s’acquitter de leurs charges patronales, et surtout de ne pas respecter le code du travail et appliquer  le « travailler toujours plus pour gagner moins ». Les peines - prison et amendes - prévues par le Code sont sévères, mais si rarement appliquées... et les employeurs faisant semblant de ne pas savoir que leurs ouvriers sont clandestins sont des hypocrites et des esclavagistes qui se moquent bien du fait que les ouvriers arrêtés se feront expulser, car ils trouveront toujours de la main d’œuvre corvéable (souvenez vous de 1997 avec la construction du Stade de France avec tous ces clandestins découverts, quel scandale !! je ne me souviens pas que M. Bouygues ait  été inquiété).

Dans notre région, « l’étranger » est trop souvent stigmatisé par les politiques dont la lâcheté n’a pas de limite - l’étranger n’est pas électeur, il est si facile de taper dessus sans souci. Pour plus d’équité et d’égalité, mobilisons nous pour le droit de vote aux élections locales des résidents étrangers.

L’hypocrisie totale règne ici comme ailleurs, tout le monde sait que ces salariés sont là et qu’ils participent à l’économie de la région, tout le monde sait que si demain ils étaient tous chassés ce sont des pans entiers de l’économie locale qui en souffriraient (Nice-Matin a souvent communiqué sur le manque criant de salariés dans la restauration et le bâtiment).

Lorsque nous avons travaillé sur notre expo photo des ouvriers du TRAM de Nice, nous avons rencontré de nombreux ouvriers étrangers fiers d’avoir participé à l’embellissement de Nice.

Même M. Sarkozy a encouragé sans le savoir le travail des clandestins qui travaillaient dans les établissements qu’il affectionne. Cela a même été l’occasion d’une franche rigolade dans le public lors d’une audience au TGI, suite à un refus d’embarquement d’un clandestin employé dans la restauration niçoise.

Si tous les salarié-e-s de la restauration du département décidaient de faire gréve il n'y a pas que le président qui aurait des difficultés à se restaurer!

Tous uni-e-s pour que cessent enfin les peurs, les souffrances et pour le droit de vivre en famille. 

Tous sont admiratifs de ce qui se passe à Paris ...

Posté par ademonice à 20:44 - Actualité - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]


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